Au cours de leur croissance, les ovocytes, cellules reproductrices féminines chez les mammifères, accumulent les ressources nécessaires à leur future fécondation et au développement préimplantatoire. Un amas récemment découvert dans des ovocytes de souris apparaît justement lorsque cette croissance s’accélère. Les premières observations de cette structure ont permis de mieux comprendre le développement des ovocytes et pourraient aider, sur le long terme, à déterminer lesquels sont aptes à être fécondés et présentent un bon potentiel de développement futur.
Avant de pouvoir être fécondé, l’ovocyte doit grandir et accumuler des réserves nécessaires aux premières étapes du développement de l’embryon. L’évaluation de la qualité de l’ovocyte après croissance reste un défi, notamment lors d’une fécondation in vitro. « Mais la taille des ovocytes ne suffit pas pour savoir s’ils sont de bonne qualité », souligne Noemi Zollo, biologiste au Collège de France.
En étudiant des cellules plus petites que prévu, Noemi Zollo a remarqué un amas condensé près du noyau, révélé par un marqueur d’ARN. Cette structure, jamais décrite auparavant, a été baptisée « Zollo body » par Marie-Hélène Verlhac, une des encadrantes de thèse de la chercheuse.
L’analyse par spectrométrie de masse a révélé que le « Zollo body » rassemble des ARN, des protéines et plusieurs types d’organites. Certains ARN portent des instructions pour la fabrication de protéines impliquées dans la croissance de l’ovocyte et du follicule. La structure apparaît lorsque l’ovocyte atteint environ 60 micromètres, juste avant une accélération flagrante de sa croissance.
L’hypothèse formulée est que le « Zollo body » participe activement à la croissance de l’ovocyte en favorisant la production des protéines et organites nécessaires à sa préparation à la fécondation. Pour tester cette hypothèse, l’équipe a bloqué l’activité d’une protéine, DDX5, identifiée dans l’amas. « Après avoir inhibé DDX5, l’amas s’est défait, et la croissance de l’ovocyte et de son follicule s’est complètement arrêtée ! », rapporte Noemi Zollo, prouvant le rôle actif de l’assemblage.
Les recherches se poursuivent pour vérifier la présence du « Zollo body » chez l’humain et mieux comprendre les mécanismes qui maintiennent cet assemblage. L’enjeu est de comprendre comment une cellule reproductrice se prépare à rendre possible le début d’une nouvelle vie.




