L'été 2026 a mis à rude épreuve l'élevage de volailles dans les Landes. Matthieu Labarthe, éleveur à Bégaar, témoigne des conséquences des multiples canicules et de la sécheresse sur son exploitation, spécialisée dans le poulet des Landes sous SIQO, Label Rouge et IGP Landes.
Les températures dépassant les 40 °C, observées depuis 2022, ont nécessité une adaptation constante. Bien que les pertes de mortalité aient été limitées grâce aux mesures prises (petites cabanes mobiles déplacées, parcours arborés, ventilateurs, brumisation), la chaleur a entraîné une perte d'appétit chez les animaux. Il en résulte des volailles plus petites, ne pouvant être classées Label Rouge, ce qui représente une perte financière significative pour les éleveurs.
La sécheresse a également affecté les rendements des céréales, comme le maïs, utilisées pour nourrir le bétail. Sur les terres non-irriguées, la récolte a été divisée par quatre ou cinq, soulevant des questions quant à l'approvisionnement futur et la nécessité d'acheter ou d'importer ces denrées.
Face à ces conditions extrêmes, les éleveurs ont intensifié leurs efforts, plantant des arbres pour créer de l'ombre et installant des systèmes de rafraîchissement. Malgré le sentiment d'avoir beaucoup travaillé pour moins de résultat, la satisfaction de sauver les animaux reste présente. Cependant, l'inquiétude pour l'avenir de la filière est palpable, les limites de l'adaptation semblant atteintes.
Concernant les aides publiques, Matthieu Labarthe exprime des doutes quant à leur efficacité. Bien que la profession soit intégrée dans la réflexion, il estime que les montants annoncés, un milliard d'euros pour toute la France, sont dérisoires face aux pertes subies, qui dépassent ce chiffre rien que pour le département des Landes.




